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Commémoration de l’Appel du 18 juin 1940

 
   

On 18th June 1940 Général de Gaulle made his famous appeal to the people of France and so began the French resistance to occupation. L'appel was made from London and each 18th June there is a ceremony at 4 Carlton Gardens. 2008 was the 68th anniversary and it might very well turn out that this anniversary of the Général de Gaulle’s Appeal to a stricken France was historic itself. There was the annual spray of wreaths at the foot of the statue of the Général attended by the French Ambassador, representatives of the French veterans’ associations with their standard bearers, representatives of the French Forces and associations of French groups in the UK, and children from the Lycée Charles de Gaulle and some British people too. There was also a delegation from Normandy and Seine Maritime. But the man we all looked at with the greatest respect and admiration was Mr Jean-Louis Crémieux-Brilhac, one of the compagnons de la première heure and historian of Free France, who answered L'appel by escaping from a prison camp to come to London to join de Gaulle. With his presence, along with that of other Français Libres, the ceremony took on an added poignancy. His Excellency’s speech reminded us how the Général called on French people to join him who preferred “le refus au renoncement”. But he also pointed out how L’Appel as a lesson in resolution and confidence in France was still relevant to face all the current challenges.

The statue of the Général was erected in 1993 in front of n°4 Carlton Gardens which was the Quartier Général of the Free French Forces and the offices of the new governmental structure being put in place. But as Mr Crémieux-Brilhac pointed out this was more than an HQ, this was “le foyer et l’âme de la France Libre”.

For us at the Alliance française de Londres this had a particular echo since on 19th June 1940, the very next day, the Alliance's Secretary General answered the call and enlisted, becoming one of the first people to do so, and the London Alliance was one of the first organisations to declare support for la France Libre. Le Général de Gaullle became the Alliance's Président d’honneur (from 1941) in gratitude for its having been the first association to rally and offer support to la France Libre. The Alliance ended up holding its meetings at the headquarters of La France Libre. But this is another story to be told soon.

The resistance that began with individual acts of defiance grew into dedicated intelligence and resistance networks of the Free French and Britain's Special Operations Executive - run from our building.

In 2008, for the first time, the participants to the ceremony had the privilege of being invited to go into n°4, an historic building in France's history. The current occupants of n°4 Carlton Gardens are an international firm of lawyers, Wilmer Cutler Pickering Hale, who organised a memorable reception in their conference room and the Général’s former office. We listened with emotion to Mr Crémieux-Brilhac who recounted for us some anecdotes about the building, and who confirmed that the wood-panelling in the Général’s office was the original!

L’Appel is one of the events that unite   French and British national memories  and was the culmination of British and French co-operation. It was  contemporaneous with a project of Union between  the  two countries  being considered at the time by  both Winston Churchill and de Gaulle

The 18th of June has become (since 2006) the "Journée nationale commémorative de l'appel historique du général de Gaulle à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi"

De Gaulle's original speech, published in the British press at the time, differed slightly by the time it was broadcast. The text of the original is:

 «Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ?
Non ! Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
 Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres.»

 

Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC,
" Du 18 Juin aux 18 juin "

Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC qui a rejoint le Général de Gaulle à Londres en 1941 explique la portée de l'Appel du 18 juin ou plus exactement la portée de « l'ensemble des appels du général de Gaulle de juin 1940 » :

"[...] À franchement parler, je ne crois pas qu'aucun Français (et certainement aucun Britannique) ait soupçonné en 1940 que le 18 Juin allait devenir le 18 Juin . De même, les Parisiens qui prirent la Bastille ne soupçonnaient pas que la journée allait devenir « le 14 Juillet ». Que l'appel, le 18 juin 1940, de ce général inconnu au nom prédestiné ait ému, qu'il ait suscité chez certains un souffle d'espoir dans l'effondrement général qu'il ait stimulé des énergies, assez de témoignages l'attestent. L'Appel apportait une lueur, il exprimait une volonté française que rien n'avait abattu, qui maintenait, par la voix d'un seul, une tradition nationale, qui faisait le lien avec toute notre histoire. Pour certains, dont je pourrais rappeler les noms, il a suscité une indéfectible reconnaissance, alors même qu'ils ne se faisaient pas la même « idée de la France » que le général de Gaulle. Mais, comme devant la plupart des grands événements historiques, bien rares durent être ceux qui en devinèrent la portée. Pierre Bourdan, le plus perspicace des correspondants français à Londres et qui allait être pendant quatre ans à la BBC le plus brillant commentateur de l'équipe "Les Français parlent aux Français", fut, le 19 juin au matin, de ceux qui firent visite au général rebelle, dans son petit appartement de Seymour Grove. «J'éprouvais, a-t-il raconté, une curiosité intense et nerveuse, sensation d'ailleurs réconfortante après le désarroi moral de la veille, mais non pas ce qu'un écrivain romantique appelait le "frisson historique", annonciateur des grands événements ou des grandes rencontres.» 
Et de montrer que l'Appel du 18 Juin (mieux vaudrait dire : « l'ensemble des appels du général de Gaulle de juin 1940 ») aura été comme la pierre que lance un montagnard sur un névé : la surface neigeuse frémit à peine, et c'est ensuite, très lentement, qu'elle s'ébranle et glisse, en un mouvement qui lui-même s'étend et se propage jusqu'à entraîner un versant, jusqu'à provoquer une avalanche, tandis que le premier écho d'un faible choc devient un bruit assourdissant.
Le fait est que, si le 18 juin 1940 est devenu " le 18 JUIN ", ce ne fut pas du jour au lendemain. Combien de Français, même parmi les résistants précoces, même parmi les plus fervents gaullistes de France, connaissaient, quatre ans plus tard, au jour de leur libération, la date et le texte de l'Appel ? Du moins ont-ils su très tôt que de Gaulle avait été le premier à exprimer le refus et à le faire savoir, grâce au miracle de la radio, et qu'il avait été apparemment le seul, puisque la brutalité de la défaite avait tétanisé les masses et que le gouvernement du Maréchal avait contraint au silence les rares protestataires potentiels. [...] Pour l'analyste des représentations mentales et de la mémoire collective, l'histoire des 18 juin aura été une étonnante illustration de l'art qu'eut le général de Gaulle d'ériger sa propre statue en même temps que de promouvoir l'esprit de fierté et le rassemblement de la nation. Le 18 juin 1940 fait désormais partie du patrimoine national. [...] Il est, dans tous les manuels d'histoire, le repère de l'honneur, du courage et de l'espérance. Il est inscrit dans les mémoires françaises comme une des plus grandes dates d'un grand passé.

 
   
 


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